Analyse des emplois et mise à l’index

Analyse des emplois et mise à l’index

Sous-texte des récentes mesures d’égalisation autoritaire des rémunérations femmes-hommes, l’« analyse des emplois en valeur comparable » a dévoyé une méthode de défense ouvrière en outil de management et de contrôle de la masse salariale.

La « loi Penicaud » du 5 septembre 2018[1] et ses dispositions visant à « mettre en œuvre un ensemble de mesures visant à supprimer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes dans l’entreprise » (article 104) ont trouvé une traduction pratique (si l’on peut dire s’agissant d’une usine à gaz) dans un « index de l’égalité femmes-hommes »[2] qui fait la fierté et la teinte de gauche du macronisme. Ce texte revisite le principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par une métaphysique de la « valeur » qui escamote dans un ensemble obsessionnel de contraintes légales tant le travail que le travailleur. En attendant qu’il soit loisible d’en tirer un début de bilan, une chose déjà est sûre : dans la confusion des ordres, l’ange de l’analyse en valeur comparable a commencé de faire la bête.

Depuis des années, la négociation collective syndicats-patronat a intégré en France, à une fréquence et des niveaux divers selon les branches et les organisations, Lire la suite

De la scientificité du « gender » et de l’essentialisme (sur un entretien avec Laure Bereni)

De la scientificité du « gender » et de l’essentialisme (sur un entretien avec Laure Bereni)

Dans La Vie des idées (5 octobre 2011, entretien republié en octobre 2014,)[1], Laure Bereni, coautrice d’une Introduction aux Gender Studies, expose les « acquis des études sur le genre ». Prometteur.

Sauf qu’on cherchera en vain dans cet entretien les « acquis » du gender pour l’intelligence de la société. Laure Bereni n’en répertorie aucun, se contentant d’énumérer les noms de laboureuses du « champ » gender, académiques voire « canoniques » (sic). En revanche, les perles ne manquent pas dans ce pieux compendium.
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Facteurs structurels négligés des disparités salariales – Propos liminaire

Facteurs structurels négligés des disparités salariales – Propos liminaire

La disparité des écarts de salaires hommes-femmes selon les branches, telles qu’elle ressort de l’enquête Insee-DADS, suffirait à mettre en doute l’hypothèse d’une discrimination culturelle préjudiciable aux femmes qui serait à l’œuvre dans l’ensemble du marché du travail.

Dans quatre conventions collectives de branche, observe la Dares[1] (pour s’indigner qu’il n’en aille pas de même dans les cinquante autres qu’elle passe en revue), « le salaire moyen net des femmes est légèrement supérieur à celui des hommes : activités de déchet (+ 6 %), travaux publics ouvriers (+ 3,5 %), prévention et sécurité (+ 3,4 %) et bâtiment ouvriers plus de dix salariés (+ 3,3 %) ».

Si l’on écarte l’idée d’un féminisme militant gouvernant les politiques salariales dans le BTP et le traitement des déchets, il faut se rabattre sur la recherche des effets de structure susceptibles d’expliquer cet écart Lire la suite